Limitation du temps de consultation : vers une médecine à deux vitesses ?

La réforme TarMed touche les médecins suisses

La réforme sur la durée des consultations est entrée en vigueur en ce début d’année 2018. Désormais, les médecins généralistes doivent mesurer le temps de chaque consultation à la minute près pour ne pas dépasser la limite fixée à 20 minutes par la loi. Une petite révolution non sans conséquence pour les patients.

Une nouvelle conséquence de TarMed

La réforme TarMed adoptée dans la douleur par le Conseil Fédéral est entrée en application le 1er janvier 2018. Dans le souci de réduire les dépenses liées à la santé, les médecins, généralistes comme spécialistes doivent limiter la durée de leurs consultations à 20 minutes montre en main.

Cette mesure permettrait, au conditionnel, d’économiser 470 millions de francs par an, soit environ 1,5 % des primes d’assurance maladie et 3,7 % du budget des prestations médicales ambulatoires. Philippe Eggimann, président de la société vaudoise de médecine, émet quant à lui des doutes sur la portée économique de la mesure puisque selon lui, les économies qui pourraient être réalisées en 2018 ne représenteraient que 0,6 % des coûts totaux de la médecine.

Premiers constats

Cette mesure, en plus de limiter la durée de la consultation pour chaque patient, les prestations réalisées en l’absence du patient seront elles aussi contrôlées : étude de dossier, obtention d’informations auprès de tiers, établissement d’ordonnance, etc.

Cette réforme donne l’impression à Pierre-Alain Schneider que les médecins ne sont plus jugés crédibles par les politiciens. « On sent qu’on est les moutons noirs, qu’on veut nous mettre sous tutelle, et c’est détestable. Certes, il existe des exceptions, des médecins qui facturent de manière abusive, mais, en imposant une limitation aussi sévère, on pénalise surtout la grande majorité qui fait bien son travail. »

Il est cependant encore possible de consulter un médecin sans limitation de durée grâce à Internet et au site Vitaemed.

Vers une médecine à deux vitesses ?

Déjà, certains médecins ont accroché des affichettes à l’entrée de leur cabinet indiquant qu’un seul problème serait traité par consultation. Quant aux consultations qui dépasseront les 20 minutes imparties, plusieurs possibilités se dessinent. Le médecin pourra ne pas facturer le temps supplémentaire, ou bien ce sera aux assureurs de prendre en charge le surcoût, ce qui est loin d’être garanti.

Il est aussi possible que le coût supplémentaire soit directement imputé au patient ce qui créera de fait une médecine à deux vitesses, où les plus nantis pourront se permettre de se faire consulter plus longuement, et donc plus qualitativement.

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